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Clémence est morte
Elle était au deuxième, ancienne costumière
De théâtre à Paris où elle avait vécu
Et vivait retraitée en petite rentière
Elle parut un jour complètement perdue
Jeune homme m’a-t-elle dit en m’ôtant quarante ans
Je ne suis plus solide il faudrait bien m’aider
À quatre vingt dix ans mon corps n’est plus vaillant
Il y a des cabas que je ne puis porter.
Clémence était douceur, c’était la gentillesse,
Je lui faisais ses courses je ramenais son pain
Je l’emmenais aussi le dimanche à la messe
Réciter des prières pour son défunt Germain.
Elle avait un café quelque peu contestable
Mais elle racontait ses travaux merveilleux
Et me disait souvent que vous êtes aimable
D’écouter attentif mes histoires de vieux.
Ses mains ne tremblant pas elle aimait faire voir
À tout le voisinage ses travaux de couture
Et portait à son cou avec un ruban noir
Un camée des plus fins qui avait belle allure.
Le mettant rarement seule autour de son cou
Quand elle désirait que l’objet soit porté
J’accrochais le ruban en me faisant très doux
En fermais les crochets avec difficulté.
Aux quatre vingt douze ans j’offris un déjeuner
En riant s’agitant elle faisait l’enfant
Et dit au restaurant : nous fîmes réserver
Placez-moi au plus près de mon nouvel amant.
Elle est partie hier, là haut au paradis,
S’ils ont des choses à coudre ils découvriront l’art
Et dira à Germain me voici mon chéri
Le destin de la vie m’avait mise en retard.
J’ai prévenu son fils un genre d’homme d’affaires
Il a pris un avion et a tout fait traiter
Par quelques spécialistes qui font le nécessaire,
Clémence ma copine a cessé d’exister.
Me donnant un paquet il a dit c’est pour vous
C’était le beau camée avec son ruban noir
« N’apportez plus de pain mais gardez mes bisous »
Avait écrit Clémence « merci et au revoir ».
Elle était au deuxième, ancienne costumière
De théâtre à Paris où elle avait vécu
Et vivait retraitée en petite rentière
Elle parut un jour complètement perdue
Jeune homme m’a-t-elle dit en m’ôtant quarante ans
Je ne suis plus solide il faudrait bien m’aider
À quatre vingt dix ans mon corps n’est plus vaillant
Il y a des cabas que je ne puis porter.
Clémence était douceur, c’était la gentillesse,
Je lui faisais ses courses je ramenais son pain
Je l’emmenais aussi le dimanche à la messe
Réciter des prières pour son défunt Germain.
Elle avait un café quelque peu contestable
Mais elle racontait ses travaux merveilleux
Et me disait souvent que vous êtes aimable
D’écouter attentif mes histoires de vieux.
Ses mains ne tremblant pas elle aimait faire voir
À tout le voisinage ses travaux de couture
Et portait à son cou avec un ruban noir
Un camée des plus fins qui avait belle allure.
Le mettant rarement seule autour de son cou
Quand elle désirait que l’objet soit porté
J’accrochais le ruban en me faisant très doux
En fermais les crochets avec difficulté.
Aux quatre vingt douze ans j’offris un déjeuner
En riant s’agitant elle faisait l’enfant
Et dit au restaurant : nous fîmes réserver
Placez-moi au plus près de mon nouvel amant.
Elle est partie hier, là haut au paradis,
S’ils ont des choses à coudre ils découvriront l’art
Et dira à Germain me voici mon chéri
Le destin de la vie m’avait mise en retard.
J’ai prévenu son fils un genre d’homme d’affaires
Il a pris un avion et a tout fait traiter
Par quelques spécialistes qui font le nécessaire,
Clémence ma copine a cessé d’exister.
Me donnant un paquet il a dit c’est pour vous
C’était le beau camée avec son ruban noir
« N’apportez plus de pain mais gardez mes bisous »
Avait écrit Clémence « merci et au revoir ».