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C’est un plateau calcaire (1). Il est vaste et aride :
Point d’orge, point de blé ; mais l’ardent Peganum(2),
L’alfa -stipe tenace- et l’Helianthemum
Se mêlent à l’armoise -herba alba(3)- d’Izrhide(4).
Chétifs et rabougris l’oxycèdre(5) morbide,
Le terne adénocarpe, et le faux spartium(6)
Régressent lentement. En vain, l’agropyrum(7),
L’épineux jujubier bravent ce temps torride.
Tout au long des étés et des jours des hivers,
De l’aube jusqu’au soir, les troupeaux du village
Sillonnent ces parcours cherchant quelques coins verts.
Mais de cette contrée, ingrate et si sauvage,
Où l’oreille n’entend qu’un silence cinglant,
N’est venu, ne viendra qu’un vent d’est échaudant.
Notes :
(1) Plateau du Versant S-E du Moyen Atlas.
(2) Peganum harmala : harmale, ou encore rue sauvage.
La plante prend un jaune vif, en été. Elle est connue pour ses vertus sédatives.
Dans mon village, on utilisait ses graines réduites en poudre pour calmer les douleurs dentaires, ou encore pour soulager les migraines : les femmes en ajoutaient au henné qu’elles appliquaient alors sur les cheveux.
(3)Armoise blanche.
(4)Lieu- dit « Izrhide ». C’est un endroit où l’armoise était relativement abondante.
Enfant, je me souviens que, rituellement, toute jeune épouse, après sa première nuit de noces devait venir ici abandonner son voile de mariée, sur un monticule de cailloux ainsi formé. Elle devait, ensuite, couper quelques touffes d’armoise sèche, pour symboliquement en faire un balai et montrer ainsi à la belle-mère qu’elle est en mesure de bien tenir la maison.
(5)Oxycèdre : ou genévrier piquant. Très apprécié pour démarrer un feu de bûches de chêne vert pour en tirer de l’huile de cade.
(6) Faux genêt d’Espagne. Trop pâturé et souvent ramassé comme bois de chauffage.
(7) Agropyrum : sorte de chiendent très résistant.